La paroisse et ses œuvres

La paroisse canadienne-française ne répond pas seulement aux besoins religieux de la communauté. Elle en constitue le noyau social. Autour de la paroisse naissent les écoles, de nombreux organismes de bienfaisance, de soins aux malades et aux pauvres, des sociétés à vocation culturelle, des journaux. La paroisse structure aussi les loisirs et les sports. Ottawa en est le meilleur exemple.

La ville et sa banlieue se dotent rapidement d’un réseau de paroisses de langue française. Elle en compte déjà huit, au tournant du xxe siècle. Plus la paroisse est grande, plus ses œuvres sont diversifiées; les fêtes patriotiques s'y organisent et de nombreuses associations s’y greffent, comme la Société Saint-Vincent-de-Paul.

L’historique préparé par Lucien Brault en 1973 pour les cent ans de la paroisse Sainte-Anne d’Ottawa illustre la mainmise de la paroisse dans la vie des Canadiens français de l’époque. Il relate, entre autres, comment le premier curé, M. Alleau, la pourvoit d’institutions qui en feront, aux dires de l’historien, « une communauté organisée1».

À son invitation, les Sœurs de la Charité, d’abord connues sous le nom de Sœurs Grises, viennent prendre en charge l’école Sainte-Anne.  Cette institution d’enseignement accueille déjà 190 élèves après moins d’un an d’existence. Deux des trois classes sont réservées aux élèves de langue française. Les Frères des écoles chrétiennes font de même pour l’enseignement aux garçons, dans ce qui deviendra l’école Brébeuf. La paroisse et l’école ne font qu’un dans la Basse-Ville est, comme dans les autres quartiers francophones d’Ottawa.

Désireux d’offrir à ses paroissiens un lieu de rassemblement, le curé Alleau construira la salle Sainte-Anne, à côté de l’église.  La salle répondra à de multiples besoins : religieux certes, mais aussi récréatifs, artistiques et culturels. Elle sera le siège de plusieurs manifestations patriotiques.

Enfin, de nombreuses associations et œuvres religieuses ainsi que des sociétés culturelles, mutuelles et récréatives allaient naître dans le giron de la paroisse, et ce, dès les années qui suivent sa fondation.

 

 

1 Lucien Brault, Sainte-Anne d’Ottawa. Cent ans d’histoire. 1873-1973, Ottawa, p. 5.

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Page titre du Bulletin de la paroisse Sainte-Anne d'Ottawa, vol. 17, no 2, juin 1933

Université d'Ottawa, CRCCF, Fonds Paroisse Sainte-Anne d'Ottawa (C72), C72-10-Bull-06-1933.

Page titre d’un bulletin paroissial imprimé, en français, en deux couleurs (rose et beige). Le nom de la publication apparaît en grosses lettres, sur un fonds de fleurs stylisées. Un dessin d’une église figure au centre de la page, encadrée par deux colonnes. En haut du dessin, une pensée sur le lien entre Dieu et l’homme. Tout en haut, le numéro et la date de publication.