Capsule

L’action sociale des Richelieu

Pendant la première moitié du xxe siècle, les Canadiens français, à Ottawa et ailleurs, étaient nombreux à adhérer à des clubs sociaux et de bienfaisance anglophones, comme les Rotary, les Kiwanis et les Lions. Le phénomène soulève les inquiétudes de l’Ordre de Jacques-Cartier (OJC), société secrète nationaliste et catholique qui a vu le jour dans la capitale fédérale en 1926. C’est pourquoi l’OJC fonde, en 1944, un organisme parallèle, la Société Richelieu, qui a pour mandat de veiller, depuis Ottawa, à la création d’un vaste réseau de clubs Richelieu. Le premier de ces clubs à voir le jour est celui d’Ottawa-Hull en 1945. Il changera sa raison sociale à Club Richelieu d’Ottawa vingt ans plus tard, pour mieux refléter son action proprement ottavienne.

La raison d’être du club d’Ottawa, comme celle de tous les clubs qui adhèrent au mouvement Richelieu, est à la fois socioculturelle et philanthropique. D’une part, on y organise des activités de divertissement (bingos, repas en commun, soirées de gala, etc.), des causeries et des conférences publiques. Le club devient ainsi un important lieu de sociabilité pour la communauté francophone d’Ottawa. D’autre part, le club organise des collectes de fonds pour lutter contre la pauvreté, en privilégiant les enfants issus de milieux défavorisés. Elle met sur pied des colonies de vacances et coordonne des excursions en plein air, tandis que son service social intervient auprès d’enfants handicapés.

Des douzaines de clubs naîtront partout dans la francophonie canadienne et nord-américaine, avant que le mouvement ne se lance à la conquête de la francophonie internationale. C’est ainsi que la Société Richelieu d’Ottawa, devenue le Richelieu international, multipliera les clubs locaux dans les Antilles, en Europe et en Afrique. Le premier club africain voit le jour en 1973 à Dakar, au Sénégal.