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Des rues nommées en l'honneur de bâtisseurs francophones

Les noms des grandes artères de la Basse-ville se rapportent à l’histoire du Canada, qu’on pense à l’avenue Sussex qui la délimite à l’ouest, à la rue Dalhousie et à la rue George, ses principales rues commerçantes, à l’avenue King-Edward qui la sépare en son centre. Quelques rues ont cependant été nommées en l’honneur de francophones qui ont marqué l’histoire du quartier, tels les Guigues, Bruyère, Myrand ou Gilberte-Paquette. Ce sont des bâtisseurs qui ont façonné le visage francophone d’Ottawa. La rue Bruyère rend hommage à sœur Élisabeth Bruyère, fondatrice des Sœurs de la Charité d’Ottawa. On lui doit la création du premier hôpital de Bytown, qui ouvre ses portes le 10 mai 1845 et qui deviendra l'Hôpital général d'Ottawa. Dans le même quadrilatère de la Basse-ville, la rue Guigues a été nommée en l’honneur de Mgr Joseph-Eugène-Bruno Guigues, premier évêque de Bytown nommé le 9 juillet 1847.  Excellent administrateur, Mgr Guigues a construit à partir de presque rien et en peu de temps une Église florissante. Il a fondé le Collège de Bytown, qui deviendra l’Université d’Ottawa. La rue Beausoleil et la rue Myrand honorent la mémoire de deux curés de la paroisse Sainte-Anne. Alexandre Beausoleil, curé de 1897 à 1903, a laissé le souvenir d’un homme patriotique, qui organisera le premier des grands ralliements de Canadiens français qui marqueront l’histoire du pays. Mgr Joseph-Alfred Myrand a été curé de 1a paroisse Sainte-Anne de 1903 à 1949. On dit de son presbytère « qu’il est un des hauts lieux de la résistance franco-ontarienne entre 1914 et 1927 »1. La rue Myrand est située face au parc Jules-Morin, ainsi nommé pour souligner la contribution de ce conseiller francophone à la Ville d’Ottawa pendant plus de trente ans, de 1944 à 1974. Jules Morin représentait le quartier lorsque celui-ci fut touché par la vaste opération de rénovation urbaine qui a profondément marqué son histoire. En 2016, le tronçon de l’avenue Parent situé entre les rues Boteler et Cathcart est renommé avenue Gilberte-Paquette. Sœur Gilberte a dirigé l'Hôpital général d'Ottawa, avant de mettre sur pied le Centre de santé Elizabeth-Bruyère au début des années 1980. En 1983, elle a créé le premier centre régional de soins palliatifs en Ontario.

 

 

 

1 Pierre Savard, « Relations avec le Québec », dans Cornelius J. Jaenen, Les Franco-Ontariens, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 1993, p. 245.