Capsule

L'empreinte francophone dans la pierre de la Basse-Ville

De nombreux bâtiments portent l’empreinte de la présence francophone dans la Basse-ville. L’ancien hôtel Martineau, au 55, rue Murray, est de ceux-là. Construit en 1872, il compte à l’origine 70 chambres, qui accueillent les commerçants, les bûcherons et autres visiteurs à Ottawa. Il est ensuite subdivisé, mais restera un hôtel à prix modique pour les travailleurs de passage dans la capitale.

Son premier propriétaire, Eugène-Édouard Martineau, est un des principaux marchands d’Ottawa. Propriétaire de trois magasins, deux rue Sussex et un autre rue Duke, il vend, entre autres, des « hardes-faites-draps », si l’on en juge par une annonce parue dans Le Canada d’Ottawa. Membre de la Société Saint-Jean-Baptiste d’Ottawa, de l’Association Saint-Joseph et de l’Institut canadien-français d’Ottawa, Eugène Martineau occupe le poste d’échevin pendant 16 ans et est élu maire en 1872. Il meurt en 1880, ruiné.

Un autre immeuble, de brique celui-là, retient l’attention, au 126, rue York. Il porte sur sa façade l’inscription S.J. MAJOR Ltd. Après 1887, Sylvani Joseph Major établit son épicerie à l'angle des rues Murray et Dalhousie, puis sur la rue York en 1899. À sa mort, son fils unique, Ascanio J., n'a que 15 ans.  Sa mère aurait alors pris les rênes de l’entreprise  jusqu’à ce que son fils ait l'âge de le faire. En 1925, la National Grocers Ltd est créée par la fusion de S.J. Major Limited et d'autres commerces de même nature. En 1931, Ascanio J. Major est directeur et membre du conseil d'administration de la National Grocers Ltd. Il meurt en 1968 à l'âge de 80 ans sans qu'aucun de ses trois fils ne prenne la relève.