Une communauté qui s’organise

Lorsque la reine Victoria fait de la ville d’Ottawa la capitale du Canada en 1857, elle donne sans le savoir un puissant coup de pouce au développement de son espace institutionnel francophone. L’intense activité qui s’y développe attire, en plus des politiciens, de nombreux fonctionnaires, des journalistes, des intellectuels, des éducateurs, sans compter les professionnels venus se greffer à une communauté francophone de plus en plus dynamique, qui a déjà créé, en 1852, l’Institut canadien-français. Cette élite jettera les bases d’associations culturelles et patriotiques, d’abord à l’échelle locale, puis à l’échelle provinciale, voire nationale, faisant ainsi d’Ottawa l'une des grandes métropoles du Canada français. Plusieurs sont encore actives aujourd’hui.

Les communautés religieuses œuvraient à Ottawa depuis plus de dix ans lorsque la ville fut promue au rang de capitale. Elles avaient mis sur pied des écoles, un hôpital, un pensionnat et accueillaient des orphelins. Des paroisses avaient été érigées. Plusieurs autres seront fondées au fil des ans, autour desquelles s’organisera la vie communautaire. Les francophones d’Ottawa se doteront sous leur égide d’un réseau scolaire à leur image et de nombreuses autres institutions religieuses, culturelles et sociales. Lorsque les cadres sociaux de l’Église tomberont en désuétude au cours des années 1960, c’est vers l’État qu’ils se tourneront pour assurer leur développement, notamment en éducation et en santé. Par ces institutions, l’influence d’Ottawa se fera sentir bien au-delà de ses frontières.


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Ligue de quilles de l'Association de la jeunesse franco-ontarienne (AJFO), Ottawa, 1958. Photo: Champlain Marcil, Le Droit

Source : Université d'Ottawa, CRCCF, Fonds L'Association de la jeunesse franco-ontarienne (C9), Ph74-13b.

Photographie en noir et blanc de jeunes gens, regroupés autour d'une allée de quilles. Une jeune femme est à faire le lancer de sa boule. Ils s'amusent.